Une journée de merde

Un mardi de Merde:

Il y a des jours comme ça où rien ne va, où les héros sont fatigués, où l’on sait qu’on ne rentrera jamais dans la légende même pas au Regin’s club, ou les grandes catastrophes telles que les 700.000 victimes du tremblements de terre chinois paraissent quantité négligeable, où les 250.000 morts birmans semblent un vulgaire fait divers, où encore le départ du 20h de Patrick POIVRE D’ARVOR est relégué à l’anecdote.
En fait l’événement est arrivé le mardi 10 juin. Afin de préparer sérieusement une épreuve cyclosportive, vous prenez un jour de congé, vous faites en sorte qu’il fasse beau, vous demander à un camarade de club voir même un ami de vous préparer un parcours sur mesure, vous mangez des pâtes la veille et l’avant veille, vous utilisez votre plus belle monture en version course et vous partez à 8h du matin à l’assaut des 1875m de dénivelé. Et là, des événements contraires vont s’enchaîner et vous entraîner pendant 4 heures dans des turpitudes où le scandale financier provoqué par Jérôme KERIEL pourrait passer pour une blague de potache.
A 8h vous partez avec le soi-disant ami, et celui ci commence à vous précéder d’une demie roue, vous manifestez alors une première lassitude ainsi qu’une certaine phobie à l’égard d’un parcours qui vous semble extrêmement difficile. L’outrecuidant n’en a cure et engage la conversation qui vous fait oublier pendant un certain moment la côte de PASQUES ainsi que LA CUDE, toutefois vous avez déjà perdu une bonne partie de vos ressources énergétiques. Vous arrivez sur un secteur plat où vous pensez vous refaire la cerise quand tout d’un coup un autre gars, soit disant camarade de club, vous double en vous enrhumant. A ce moment là, vous cassez votre porte bidon et le bidon s’immobilise au milieu de la chaussée. Vous êtes alors doublé par une patrouille de collègues, du soi-disant camarade, qui sprintent à la pancarte. Après avoir fait l’effort nécessaire, vous essayez de vous mettre à l’abri dans un groupe constitué que de cyclistes fonctionnaires d’état appartenant soit au ministère des armées soit au ministère des transports. Vous comprenez alors pourquoi vous payez des impôts et vous avez la preuve que votre argent est bien employé à maintenir en bonne forme ces valeureux employés d’état. Arrive alors la prochaine côte et vous vous apprêtez à souffrir une fois encore, la souffrance physique n’est rien par rapport à la souffrance morale induite par la demie roue, puis la roue, puis une longueur, puis plusieurs longueurs que le prétendu ami est entrain de vous infliger. Passe alors 2 charognards en formation qui sprintent pendant la montée. Vous essayez alors de vous reconcentrer sur l’objectif qui est de terminer l’escalade et vous consommez alors le solde d’énergie restant avant de basculer dans la descente.
Vous enchaînez alors la prochaine difficulté, il fait chaud, trop chaud à votre goût, le maraud qui vous accompagne est 50m devant, le vélo craque, vous êtes collé à l’asphalte, un patin de frein arrière frotte sur la roue, les premières douleurs musculaires apparaissent, les courbatures des quadriceps se réveillent, la lombalgie chronique latente s’invite, les gouttent de sueur commencent à dégouliner et vous piquent les yeux, quelques insectes commencent à planer autour de vous tels des vautours repérant leur proie, vous êtes seul dans un état proche de l’épuisement quand le duo de charognards vous doublent pour la troisième fois en vous déposant sur place. Dans de tels moments de solitude, le mental l’emporte toujours sur le physique, un débat intellectuel s’installe, des pensées profondes vous viennent à l’esprit, votre inconscient l’emporte sur votre sur moi, le génie humain se révèle, la vérité apparaît et il faut bien se rendre à l’évidence, la pensée du philosophe s’impose à vous :

Journée de Merde,  par un temps de Merde,  sur un vélo de Merde, dans un parcours de Merde, avec des camarades de Merde.


Le retour sur Dijon par Détain, St Jean de Bœuf, Barbirey, Grenand, Sombernon, Malain, Fleurey est alors un long calvaire où vous n’avez plus qu’un seul désir celui d’abandonner le vélo et de vous inscrire dans un club de pétanque.

Ainsi va la vie qui n’est jamais qu’un long fleuve de merde…..

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